Mantegna, Andrea. L’Adoration des Mages, vers 1500. Los Angeles. The J. Paul Getty Museum.
http://catholique-rouen.cef.fr/spip.php?article567
L'histoire:
Venus d'Orient, trois rois se mirent en route en suivant la lumière d'une étoile qui les guida jusqu'à Bethléem. Ils y trouvèrent l'enfant Jésus dans l'étable, près de ses parents, Marie et
Joseph et ils s'agenouillèrent devant lui en signe de respect et lui apportèrent de l'or symbole de la royauté, de la myrrhe symbole de la passion et de l'encens symbole de la divinité.
L'Histoire:
Les mages avaient été qualifiés du titre de roi dès le IIIème siècle par la piété populaire mais c'est seulement au XIIème que cette royauté des mages est reconnue
par la liturgie et l'iconographie.
Les trois mages étaient probablement des prêtres venus de Perse (Iran et Irak actuel). Le
mot « mage » vient de l’iranien maga qui désignait une caste sacerdotale. Ce sont des mi-savants, mi-magiciens qui pratiquaient la médecine, la divination et l’astrologie. Ils étaient
donc de fins astronomes, ce qui explique, en partie, leur intérêt pour l’étoile de Bethléem. Le but de leur pèlerinage était de rendre hommage au nouveau roi du monde, l’Enfant Jésus, et de lui
apporter des présents. Une possibilité les fait effectivement venir de Perse ou de Babylonie, régions où le métier de mage était répandu. On a pu remarquer que la Perse était le berceau d'une
autre religion monothéiste, ayant des points communs avec le christianisme, professée par Zoroastre quatre cents ans plus tôt. Elle prédisait également la venue d'un messie ; ainsi, la démarche
des mages d'Orient est cohérente dans la pensée zoroastrienne.
Les sources:
Selon une tradition venant du VIIème siècle, les mages mentionnaient dans l'Évangile de Mathieu deviennent des rois :
les rois mages.
« Jésus étant né à Bethléem de Judée au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient se présentèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs
qui vient de naître ? Nous avons vu en effet son astre se lever et sommes venus lui rendre hommage. »
Un témoignage particulièrement intéressant nous vient de l'historien Flavius Josèphe. (vivant en Judée entre 37et 100 après J.C) Dans sa
Guerre des Juifs il rapporte un récit très semblable à celui de l'évangile de Matthieu :
"Des sages venus de Perse visitent Hérode. "Nous venons de Perse, nos ancêtres ont recueilli des Chaldéens
l'astronomie qui est notre science et notre art..." L'étoile leur est apparue et signifie la naissance d'un roi qui dominera sur l'Univers. L'étoile les conduit à Jérusalem mais disparaît.
Hérode leur recommande de lui indiquer qui est la personne désignée par l'étoile, mais les Perses ne reviennent pas et Hérode fait massacrer 63 000 enfants de moins de trois ans."

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Quand des mages inconnus deviennent 3 rois populaires:
On les appelait Bithisarea, Melchior et Gathaspa, nom que l’on trouve pour la première fois dans un manuscrit du VIème siècle, conservé à la Bibliothèque Nationale de France et intitulé Excerpta Latina
Barbari. Au VIIIeme siècle, les noms de Gaspar, Melchior et Balthazar leur furent donnés par Saint Bède le Vénérable (mort en 735). L’iconographie a fait
de Melchior le représentant de l’Europe, de Gaspard celui de l’Asie et de Balthazar celui de l’Afrique. Cela symbolise le fait que le Christ, le roi que les mages sont venus adorer est venu
pour tous, juif et païen et que tous les peuples sont appelés à la conversion.
Le chiffre 3 est très symbolique, il symbolise d'abord les 3 continents :
Asie, Afrique et Europe (qui étaient les seuls connus à l'époque). C'est aussi l'image des trois fils de Noé : Sem, Cham et Japhet. Le chiffre 3 représente aussi le nombre de cadeaux qui selon
l'Évangile étaient au nombre de 3 : l'or, l'encens et la myrrhe. Le chiffre 3 figure enfin les trois âges de la vie. Melchior est présenté avec une longue barbe et il est le plus âgé des trois.
Il offrit l'or. Gaspar est le plus jeune des trois et il donna l'encens. Balthazar est barbu sans être âgé et il fit l'offrande de la myrrhe. On leur attribua au XVIème siècle une couleur de
peau distincte pour chacun : blanche, noire et jaune. On a donnée une signification chrétienne aux 12 jours après Noël, en disant que les rois mages sont arrivés 12 jours après la naissance de
Jésus. Le concile de Tours en 813 proclama que les 12 jours de Noël jusqu'à l'Épiphanie étaient une période festive et sacrée.
Quand les rois mages deviennent des saints: Histoire de reliques
Dans la tradition occidentale, sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin au IVème siècle, aurait retrouvé en Orient en même temps que la fameuse « vraie
croix » du Christ, les corps des fameux mages. Hélène fit transférer ces reliques à Constantinople. Plus tard, au XIIème siècle, les précieux ossements furent transortées à Milan, donnés
par le souverain byzantin Manuel Ier Comnène. La victoire de l’empereur germanique Frédéric Barberousse et la destruction de Milan en 1162 permet à son chancelier, Rainald von Dassel qui était
archevêque de Cologne, de prendre possession de ces reliques qui parvinrent à Cologne le 23 juillet 1164 où une foule dense
les accueillit. Une somptueuse cathédrale fut construite pour les accueillir. Ceci fit de Cologne un centre important de pèlerinage au Moyen-âge.
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Récemment, les scientifiques se sont penchés sur les reliques de Cologne. Les ossements étaient enveloppés dans une pièce de tissu précieux, conservée dans la crypte
de la cathédrale. L'étude de cet objet s'est avérée particulièrement instructive. Le suaire est composé de fils de soie de Chine, croisés avec des fils d'or. Il a été teint avec de la pourpre,
une matière extrêmement précieuse extraite de coquillages, et en l'occurence cette pourpre provient de la région de Tyr. Des analyses de datation au carbone 14 ont été réalisées sur le tissu,
d'après lesquelles le suaire a été fabriqué entre le IIème et le IVème siècle de notre ère. Tous ces résultats rendent possible la thèse de l'authenticité de ces reliques.
Petite anecdotes:
Le 4eme roi mage:

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Le poète Henry van Dyke, dans un de ses contes de Noël les plus connus, The Story of the
Other Wise Man, a raconté l'histoire d'un quatrième roi mage, Artaban de Médée, qui voulut apporter à l'enfant Jésus trois pierres précieuses. Il vendit tous ses biens, et
prit la route. En chemin, il rencontra des nécessiteux, pour qui il sacrifia ses cadeaux. Il n'atteignit jamais la crèche, mais Jésus lui apparut plus tard : en ayant aidé des inconnus en
détresse, il avait trouvé et aidé Jésus aussi bien que s'il était arrivé jusqu'à Bethléem. Une autre version raconte que lorsque Jésus reçu les présents des trois premiers rois, ils ne leur
montra pas de reconnaissance tandis que quand le quatrième se présenta devant lui, avec la seule perle qui lui restait, s'étant séparé de ses richesses durant le voyage pour les donner à des
mendiants, Jésus lui souria et lui tendit les bras.
Une légende russe raconte que le quatrième roi mage serait le père Noël. En Finlande, on raconte aussi que le Père Noël est ce quatrième roi mage qui offre des
cadeaux aux enfants car, trop au nord de la planète pour voir l'étoile du Berger à l'époque, il n'aurait jamais atteint Bethléem.
L'écrivain français Michel Tournier, dans son roman Gaspard, Melchior et Balthazar paru en 1980, donne une version plus iconoclaste de l'histoire d'un
quatrième roi mage : Taor, prince de Mangalore. Parti du sud de l'Inde pour découvrir la recette du rahat loukoum à la pistache, il arrive trente trois ans plus tard à
Jérusalem et découvre l'eucharistie.
La mystérieuse étoile:
L'étoile des rois mages peut être assimilée à une Nova.
La nova est une étoile qui, suite à une violente explosion, devient brusquement plus lumineuse, et cela pendant un temps limité. Les astronomes chinois ont signalé un
phénomène de ce type en 1054, et les astrophysiciens ont pu trouver dans l'espace, à l'endroit précisé par les Chinois, des traces de cette gigantesque explosion. Pendant quelques semaines,
l'étoile fut aussi brillante que la planète Jupiter et, pendant 33 jours, on put la voir même en plein jour.
L'idée de la nova comme étoile de Béthléem fut défendue par Kepler en 1614 et par l'astronome Foucquet en 1729. Et, de fait, les astronomes chinois mentionnent l'apparition d'une étoile
nouvelle dans la constellation de l'Aigle en avril 4 avant J.-C. Elle fut visible pendant 70 jours, du côté de l'Orient, quelques heures avant l'aube. Mais leurs indications sont beaucoup moins
précises qu'en 1054, et il est donc difficile de se prononcer sur l'importance de cette nova.
L'origine de Gaspard:
"Les Actes de Thomas", un écrit apocryphe du 3ème siècle, rédigé en syriaque, probablement à Édesse, donne le roi Gondopharès converti par l'apôtre Thomas lors de son évangélisation de l'Inde
(Paul-Hubert Poirier et Yves Tissot - Écrits apocryphes chrétiens, collection de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1997). Thomas, appellé dans cet écrit Judas Thomas, (Actes de Thomas, § 1.1) est
charpentier et architecte de profession (Ib - § 17.1) . Le roi Goudnaphar (Gondopharès - Gundafor) lui demande de construire un palais. Il s'y engage, mais c'est un palais dans les cieux. Il
finit par se faire baptiser avec son frère (Ib - § 26.2).
Goundapharès 1er fut roi indo-parthe des Saces (Sakas ou scythes orientaux) de 20 à 48. Il régnait à Taxila au Cachemire (Takshashîlâ en sanscrit) et dominait la
Parthie et le Pakistan. Gondopharès se dit Gathaspar en arménien, ce qui serait à l'origine du nom Gaspar, car en effet ce nom apparaît pour la première fois au 6ème siècle notamment dans un
autre apocryphe "l'Évangile arménien de l'Enfance".
Balthazard et la devise de la maison des BAUX :
Les seigneurs des Baux-de-Provence, dans les Alpilles se sont réclamés d'une filiation avec le roi mage Balthazar et ont adopté pour devise "Au hasard, Balthazar",
en provençal "à l'asard Bautezar et qui donna naissance aui armes parlantes de la maison « de gueules à une comète à 16 raies d'argent » et à sa devise « àl'asard Bautezar ».
Une fois ses offrandes déposées aux pieds de l’enfant Jésus, la légende raconte que le mage aurait poursuivi son chemin en suivant l’étoile du berger. Le bel astre
aux seize rais d’argent l’aurait mené jusqu’aux Baux de Provence, où il aurait fondé la dynastie. Descendants de Balthazar ou non, ils laissèrent pour la plupart le souvenir de seigneurs
belliqueux et guerriers, plus soucieux d’étendre leur emprise sur la Provence, parfois à n’importe quel prix, que du bien-être des villageois des vallées environnantes. Au temps de ces
rebellions, la forteresse en forme de vaisseau de pierre, quoiqu’impressionnante et imprenable autrement que par la ruse, servit souvent de place forte et subit de nombreux sièges. Les Baux de
Provence furent le théâtre de nombreux conflits qui ensanglantèrent la région jusqu’au démantèlement du château en 1631.
Références:
http://bible.archeologie.free.fr/roismages.html
http://www.pasaj.ch/l-epiphanie-les-rois-mages-article307.html
Louis de Sivry, Jean, Baptiste J. Champagnac : Encyclopédie théologiques ou dictionnaire… des pèlerinages anciens et modernes, 1859
http://books.google.com/books?
id=jRsAAAAAQAAJ&dq=cologne+rois+mage&hl=fr
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rois_mages